samedi 6 avril 2013

#Vis ma vie d'étudiante: 3 mois en Cancérologie

Avant de lire cet article petite précision: j'ai commencé à écrire cet article le jour où mon ordinateur m'a laché, entre temps ils s'est passé plusieurs mois qui font que je ne sais plus ce que je voulais vraiment raconter à ce moment précis. Mais je sais que je voulais vous parler de ce stage donc je préviens: article un peu décousu.

 J'étais ces 3 derniers mois dans un service de cancérologie, dans le centre référence du cancer de ma région. 3 mois avec que des patients atteints de cancer (j'avais déjà eu des patients atteints de cancer dans les autres services où je suis passée mais les pathologies restaient variées). 3 mois pour apprendre à gérer.

Parce que, qu'on se le dise bien, on a qu'un seul moyen d'apprendre à se débrouiller dans ces situations: se lancer.

Les premiers jours sont les plus durs, parce que tu te dis que tu vas saouler avec tes questions, que tu ne sais pas comment poser tes questions et surtout par quoi commencer. Alors les premiers pas sont plutôt timides, tu ne demandes pas vraiment aux patients de raconter toute l'histoire de leur cancer, tu fais tout l'examen clinique mais tu ne touche pas à la tumeur (lorsqu'elle est palpable), tu ne sais pas quoi répondre quand ton patient te parle de mort, tu parles de tout et de rien sauf du sujet qui t'interesse... bref tu es perdue.
 Et tu en fais part à tes internes et chefs qui te rappelle (gentillement) que t'es médecin et que tu dois te comporter comme tel, que t'es pas là juste pour savoir combien ton patient a de chats mais pour le traiter et que donc tu dois y aller et tu finis par te lancer...

Et tu apprends, à palper des tumeurs, à ne pas être juste gentille mais aussi professionnelle, à aborder le sujet de la fin de vie, à essayer de gérer les familles.

C'est avec ce dernier pont que j'ai eu le plus de mal, y'a eu d'ailleurs un patient que j'ai arreté d'aller voir et examiner justement parce la présence et surtout la tristesse de la famille m'était trop pesante.
C'est surement dû à ma vision personnelle de la mort, ça ne me dérange pas (dans le cadre professionnel entendons nous bien) d'aller voir un patient en fin de vie, de discuter avec lui et tout. Parce qu'on est là pour qu'il est une fin de vie dans les meilleures qualité possible, qu'on est dans la "sécurité" de notre rôle et que, pour moi, quand un patient est mort, il ne souffre plus et ne ressent pas de perte.
Alors que leur famille, qui est là tous les jours, qui vit la maladie, et chez qui tu perçois le vide que va laisser le patient dont tu t'occupes, ça fait mal et c'est très dur à gérer emotionnelement. Il faut savoir rester empathique tout en gardant une certaine distance et c'est un équilibre qui je trouve est assez dur à trouver.

(Aller Didia essaye de te souvenir de ce dont tu voulais parler...)

J'avais choisi ce stage pour être confronté à ce qu'on n'apprend pas dans les bouquins. J'avais peur de me retrouver dans un stage déprimant, je trouve que ce n'est pas facile quand on fait médecine de ne pas être forcément dans l'optique de soigner, et ce stage m'a beaucoup appris dans l'amélioration de la qualité de vie, dans le rapport avec le patient, et dans ma capacité à ne pas avoir peur à poser des questions difficiles. Au final je n'ai pas trouvé ce stage déprimant du tout, dur pas moment mais pas déprimant.

J'ai aussi pas mal appris sur la façon de gérer la fin de vie avec des patients qui "parlent". Vous devez peut être trouver ma précision bizarre mais c'est en comparaison avec la réanimation où les patients en général ne parlent pas (je déteste la réa...). et savoir quoi répondre à la question "combien de temps il me reste docteur".

PS: je précise bien qu'il s'agit de mon ressenti sur mon stage et pas sur le cancer en général. Forcément quand on est dans un service d'hospitalisation en général et d'un centre de référence en particulier la vision de la maladie est énormément biaisée vu qu'on voit en grande majorité des personnes qui ne vont pas bien.

En espérant que ma vision de la médecine vous aura intéressée ;) et si vous voulez que je vous parle de mon dernier stage en gynécologie suffit de demander!

Enjoy!
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6 commentaires:

  1. J'aime quand tu parles de ton ressenti de futur médecin !
    Les patients sont quand même fabuleux pour arriver à nous en faire apprendre tous les jours je trouve.

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    1. Oui par moment on se prend de jolies leçons de vie en pleine tête ;)

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  2. J'ai deux amis qui sont dans le domaine médical (l'un qui vient de commencer des études comme technicien en imagerie médicale et l'autre est infirmière aux urgences) et donc, perso, j'ai l'habitude de ce genre de témoignages... Parfois, des petites anecdotes rigolotes et parfois des moments plus difficiles à vivre... En tout cas, moi ça m'intéresse ! Bises et bon dimanche !

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    1. Heureusement il y a plus d'anecdotes rigolotes que de moments difficiles :)
      Bon dimanche à toi :)

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  3. J'ai pas osé lire ton article...puis j'ai lu un bout par ci, par là.Et mine de rien je l'ai lu en entier, et ça va!C'est intéressant d'avoir l'avis d'un médecin, enfin de l'autre coté. Faut quand même avoir un mental de ouf pour être dans ce service jtrouve!

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    1. tu m'as fait rire, on dirai moi quand je me cache pour regarder un film qui fait peur et qu'au final je le trouve bien. J'ai essayé de pas le rendre trop flippant ou déprimant j'espère que j'ai réussi.
      Le mental ça se travaille, mais parfois je fais des rêves bizarres.

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Chacun de tes petits mots est pour moi comme un sourire...